Les couleurs et la ville

Le ciel invariablement gris offrait aux regards désabusés le spectacle désolant d’une ville sans couleur. Gris, noir, cendre anthracite, marron et parfois bleu marine ou vert bouteille. Tout est sombre, tout est triste. Une torpeur maladive semblait régner en maître sur des petites existences mesquines et étriquées. Était-ce le temps qui les minait ou bien elles-mêmes qui minaient le temp. ? Où diable étaient passés les arbres, les fleurs, les oiseaux, les rires et les chants ? Quelle que soit la saison, aucun bruit, aucune musique ne perçait le tintamarre assourdissant des véhicules ternes et poisseux de pollution incrustée.

Les arbres sont partis.

Ce matin-là, je me suis levée de bonne heure. Quelque chose n’allait pas. Ce silence peut-être ? Je me souviens, c’était le mois de juillet ; d’habitude, les oiseaux faisaient fête au jour naissant. Les petits mammifères s’étiraient et partaient en quête de leur pitance, alors que les insectes reprenaient le cours de leurs occupations quotidiennes. Les … Lire la suite Les arbres sont partis.

Danger !!

Deux pattes velues, fines et noires sortaient du terrier. En y regardant mieux, on voyait deux bulbes jaunes striés de noir qui bougeaient de droite à gauche. Noire, elle était noire, tellement noire qu’elle en était bleutée. C’était assurément la plus belle araignée de la forêt. Depuis quelques temps, elle s’inquiétait car la déforestation imbécile des humains se rapprochait dangereusement.