Méprises

 Si l’homme assis sur le canapé du salon est mon mari, qui ai-je bien pu pousser du haut de la falaise ?

J’avais beau tourner et retourner le problème dans ma tête, j’avais un gros raté…

Depuis quelques jours , il s’était mis en tête de balader au crépuscule, aussi avais-je profité de sa nouvelle toquade pour faire ce que j’avais à faire…

Profitant de la nuit tombante, j’avais feint de me pencher vers la mer. Lui, pensant sans doute me surprendre, s’était approché à son tour. Je l’avais laissé faire et là, à la dernière seconde je m’étais reculée. Il a trébuché, perdu pied et dans la foulée je l’ai poussé de toutes mes forces.

Drôle, oui je l’avoue, je m’étais sentie légère, limite euphorique.

Pourtant en rentrant, il était là, indifférent, comme à son habitude.

Mais Bordel !! je l’ai entendu crier, je l’ai vu tomber !!

Mais qui donc était le gars qui voulait lui-aussi mettre un terme définitif à notre relation ?

Attends, je réfléchis. « Il était là, à m’attendre devant la maison. Il était couvert, tout comme moi, nous avons marché sans échanger le moindre mot, comme d’habitude lors de nos balades nocturnes.

Je l’ai fait tomber alors que, j’en suis sûre, il m’en aurait fait autant.

Merde…mais c’est qui ce mec ??

Louison & Pervenche

 

 

Assises sur l’une des branches basses d’un vieux chêne, Louison et Pervenche regardaient leurs corps étendus sur le sentier.

« – Tu sais, toi, quand ils risquent de retrouver nos cadavres ? »

« – Louison, ma Chérie, je n’en sais pas plus que toi. Vois-tu, c’est la première fois que je meurs. »

« Au fait, maintenant que tu en parles, on est mortes de quoi au juste ?

  • Je suppose que c’est de l’ingurgitation massive de ces baies si belles qu’elles ne pouvaient être que bonnes ?
  • Ah oui, une de nos idées innovantes et ô combien pertinentes…
  • Bon, si on est mortes, où donc est cette lumière blanche qui nous guide vers un tunnel de quiétude où nos êtres aimés déjà disparus nous accueillent avec bonté ???
  • Ben… pas là visiblement.
  • La publicité est très surfaite…
  • Je te rejoins là-dessus.
  • On bouge ?
  • Ok »

Les deux sœurs se mettent en route, elles arrivent rapidement au bourg où elles habitent, habitaient est le mot juste, avec leurs parents. Arrivées à l’orée du village, elles rencontrent un très vieil homme et quelques personnes récemment décédées.

Après les salutations d’usage, chacun s’enquiert de sa situation. La seule vraie question étant « il se passe quoi maintenant ?? ».

Le vieux Monsieur était notaire, il s’appelait  Henri Létude, il était mort le matin même d’une embolie pulmonaire, Madame Gisèle Rosepourpre venait de partir à 103 ans d’un excès de vie, les autres les avaient rejoints dans des accidents de la route, des cancers, sidas et autres possibilités.

Bref, tout ce beau monde s’interrogeait : Elle est où la lumière ? et le tunnel, il s’ouvre quand ?.

On fait quoi en attendant ?

Monsieur Henri avouait une nette préférence pour le côté vampire, Madame Gisèle trouvait un certain charme aux fantômes, quelques-uns se voyaient bien en zombies. Oui, les choses et les êtres s’organisaient.

 

Louison et Pervenche par contre, n’aimaient pas les choses telles qu’elles se présentaient. Elles avaient coutume de n’en faire qu’à leur tête et de suivre toutes, mais absolument toutes leurs impressions, intuitions, idées aussi farfelues qu’elles puissent être.

La grande Faucheuse est bien passée pour leur trépas alors, c’est quoi ce service après-vente au rabais ? Elle s’imagine qu’on va faire le boulot à sa place ?

D’ailleurs, logiquement, on devrait avoir un sablier représentant nos vies écoulées. On devrait la voir sur son cheval blanc, nous regarder et nous indiquer la voie à prendre… Elle est où ?

Il commençait à y avoir un attroupement de jeunes morts ou de morts récentes dans la rue principale du village. Chacun y allait de son commentaire sur l’insuffisance des services publics qui n’étaient pas à la hauteur. Bref, la colère et l’impatience montaient. Monsieur Henri et Madame Gisèle proposaient une réorientation : Qui pour les vampires ?, qui pour les fantômes ? mais tout ça ne répondait pas à la question : est-ce que Mortimer existe ou est ce qu’on est livré à nous-même une fois trépassé ?

Afin de se donner une occupation, la petite troupe se décide à se rendre jusqu’au cimetière, ils y entrent et squattent les lieux. La nuit tombant, les stèles se soulèvent, et les vieux morts sortent se dégourdir les jambes.

Le moins qu’on puisse dire c’est que l’accueil fût froid, glacial est le terme le plus approprié. Le major du cimetière aborde la question de l’occupation par ces émigrants de seconde zone. En résumé, vous êtes qui ? vous faites quoi ? et quand est-ce que vous foutez le camp.

Les jeunes morts à leur tour expliquent la raison de leur errance.

Quoi ?? Mortimer ne vous a pas emmené ? Il n’était pas là ? M’enfin…Il est où donc ? Logiquement vous avez dû trouver le tunnel, suivre la lumière et tout le toutim…

Pervenche s’approche. Je ne pense pas que ce soit le cas. Il est peut-être …mort ?

La mort est mort ?? vous vous rendez compte jeune fille de l’ineptie de vos propos ? Vous étiez peut-être déjà stupide de votre vivant, je vois que les choses ne se sont pas arrangées.

  • Oh ça va vous, s’il n’est pas mort, il est où ? et pourquoi on zone tous ?
  • Oh, je pense que la rumeur doit être exacte.
  • Quelle rumeur ?
  • Mortimer serait parti en cure pour se sortir d’une méchante dépression. Aussi, paraît-il, personne ne vient plus faire le ramassage quotidien des âmes retournées au néant.
  • Euh donc ? on fait quoi ?
  • Ben, jusqu’à ce qu’il y ait trop de monde, on attend. Mais je sais qu’il est question de prendre un intérimaire.
  • Sérieux ? vous êtes sérieux ???
  • Notre néant dépend d’un intérimaire ??

Henri et Gisèle n’en reviennent pas, une rumeur désapprobatrice court dans le cimetière. Des « c’est pas sérieux », « aucune conscience professionnelle » commencent même à se faire entendre. Mourir c’est du sérieux, surtout qu’on ne peut pas recommencer sa sortie. Il faut quand même un minimum d’accueil. Et une organisation sans faille.

Donc, vous nous dites cher monsieur que la mort est en vacances ? comme ça sans avoir prévu quoi que ce soit ? c’est un scandale, voilà ce que je dis moi !! un scandale. Qui s’occupe des réclamations ici ?

  • Mon cher ami, vous êtes encore trop vivant dans votre mort. Pas de réclamation, pas de service après-vente. Même si je vous l’accorde la situation est totalement inédite.

Louison et Pervenche sans se concerter, se dirigent vers la sortie. Arrivées sur la route, elles cherchent un arbre sur lequel se percher.

  • Pervenche, tu penses comme moi ?
  • Tu penses qu’on ferait des intérimaires trop top ?
  • Oui m’dame, et puis je sens que c’est la chance de notre mort !
  • On fait comment ?
  • Les cavaliers de l’apocalypse ?
  • On les trouve où ?
  • On demande aux vieux ?
  • Bizarre quand même d’entrer dans un cimetière en disant « place aux jeunes »
  • Trop drôle !!
  • On y va, on demande : c’est parti ! je suppose qu’il ne faut pas de diplôme ?
  • Andouille !

Renseignements pris, les deux complices s’en sont allées postuler auprès des trois cavaliers de l’apocalypse encore vaillants.

Surpris par cette démarche pour le moins incongrue, les cavaliers qui sont quand même des fléaux pragmatiques, y voient une solution économique de renouveler la profession.

Les deux donzelles firent merveilles dans cette tâche et l’on raconte qu’elles furent tant appréciées qu’elles chevauchent désormais aux côtés de quatre cavaliers de l’apocalypse, la Mort ayant réintégré ses fonctions de peur d’être supplantée par la nouvelle génération…

Le nombril

Le nombril

Avant, et quand je dis « avant » c’était avant Neandertal, Sapiens et autres consorts.  Donc « avant » tout ce beau monde, il y avait l’homo ridiculus. Nous suspendons ici la narration pour souligner que c’est grâce à l’homo ridiculus que l’homo Sapiens et les autres ont connu une évolution déterminante de leur niveau de vie.

Mais tout d’abord, revenons au quotidien autrement tourmenté de notre homo ridiculus. Deux maux frappaient cette paisible tribu. Deux inconvénients majeurs et quasi insolubles !

Le premier est qu’ils n’avaient pas de nom propre, ils s’appelaient tous Jean, il y avait des Jean de tous les sexes et de tous les âges. Ce qui n’était pas gênant en soi, sauf quand on voulait s’interpeller, s’appeler ou simplement médire.

Le deuxième problème, était quant à lui de nature physiologique. Leur ventre était lisse, sans aucune cavité. Du  coup, le postérieur de l’homo ridiculus ne tenait pas seul. Non, il fallait le tenir, voire le retenir au moindre déplacement.

Accessoire indispensable à la bonne marche du quotidien, il convenait de ne pas le perdre. Ne pas oublier qu’en ces temps lointain une paire de fesses perdues faisait le bonheur et surtout le repas de bon nombre de prédateurs.

Aussi notre homo ridiculus était-il plus végétarien que chasseur.  Dois-je vous rappeler que les végétaux, fruits, racines et autres ont tendance à demeurer sur place, ce qui a un côté indéniablement pratique pour qui  est contraint de récolter… assis.

Lorsque d’aventure notre « Jean » voulait chasser, tous les animaux sur terre comme dans l’eau se passaient le mot pour ne pas rater le spectacle.

Imaginez !!  Une tribu de « jean » qui court en se tenant les fesses. Obligés de tenir leur massue coincée sous le bras tout en se tenant le postérieur. Les animaux se roulaient sur le sol en se tenant les côtes, ils riaient, s’interpellaient : »viens voir wouarf !! ».Vous avez déjà entendu l’expression « rire comme une baleine » ? et bien ça vient de là !

Aussi les seuls animaux que les Jeans ramenaient,  étaient  ceux qui tombaient morts de rire.

Il faut noter au passage, que grâce à l’homo ridiculus, l’évolution chère à Darwin a fait des progrès inattendus. Les poissons sont sortis de l’eau et pour plus de commodités ont transformés leurs nageoires en pattes, ils sont devenus iguanes, lézards, crocodiles et j’en passe, uniquement pour suivre les Jeans à la chasse, les oiseaux encore patauds, ont agrandi leurs ailes pour s’approcher davantage. Les girafes ont tellement allongé leur cou qu’elles peuvent désormais manger les plus hautes feuilles des arbres.

Cependant, notre jean Homo ridiculus ne peut rester ainsi. Etre la risée de la planète n’est pas une ambition, que diantre !!

Aussi, un soir, après une journée de chasse-humiliation nos jeans ridiculus s’en sont-ils allés consulter les Sages.

Celles-ci ont cogité, calculé, tracé des diagrammes compliqués, dessiné…Enfin, un matin la grande Jean (oui déjà à cette époque les « sages » étaient de sexe féminin) a appelé « Jean !!!! » et tout le village est arrivé.

« j’ai besoin d’un volontaire ! »

« Ben… »

« Jean ! tu viens, t’es volontaire ! »

Tout le village fait un pas.

« euh…bon , toi… »

Elle a saisi un jean par la taille, a calculé et tracé des lignes sur son ventre.  Elle demande alors : » qui a un clou ? »

Les « Jeans » se regardent. L’un d’entre eux se lève et s’avance.

« ô grande Jean ! puis-je vous faire remarquer que nous ne sommes pas encore à l’âge de fer ? »

«ah, oui  zut, qu’on m’amène un tibia »

Heureusement le village venait de connaître qq morts accidentelles liées à la dernière chasse.  On lui amène donc un tibia.

Elle coupe, gratte, perce. Satisfaite, elle déclare, « bien, je viens d’inventer le clou ! mais j’en voudrais un avec une raie au milieu de la tête et une spirale tout autour. Ainsi fut fait…

Le Jean cobaye commençait à s’inquiéter. Ses mains sur ses fesses se fatiguaient.

Elle l’a appelé, a vérifié se calculs et au milieu du ventre a placé sa vis. Puis, elle a tourné, tourné, tourné et tourné encore, jusqu’au point où les fesses commencent. Arrivée là, elle a tourné, tourné, tourné et  tourné encore. Alors que les fesses remontaient, s’accrochaient et enfin restaient en place.

Jean, les mains enfin libres et les fesses bien accrochées se mit à hurler à la planète entière « Tenez-vous bien ! on vient d’inventer le bloque-fesses!! »

Et la grande Sage de déclarer, non Je viens d’inventer le nombril !!!

 

Puis Jean la grande Sage s’est assise, elle a cogité de nouveau, il lui fallait résoudre le problème des Jean et là ! soudain !  une idée fulgurante on allait jouer avec les sons !

Elle réfléchit longtemps, elle tient des conciliabules avec les Jean, puis un grand vote est organisé. Et le vote a parlé, désormais et puisqu’on avait désormais les fesses solides, on allait s’appeler Pierre : l’âge de Pierre était né.

 

Dignité !

Un toit, une maison, un lieu à nous qui nous ressemble. Cela nous paraît normal, à nous qui travaillons et vivons dans un pays riche.

 

Riche ? ADT-Quart-Monde n’est pourtant pas allé au bout du monde pour prendre ces photos de familles en détresse. Ces gens de rien qui n’ont pour seul rêve que d’avoir ce qui nous est si naturel. Un toit pour y loger enfants et conjoint. Un toit pour y ranger ses meubles, sa vaisselle, sa vie, pour vivre tout simplement.

 

Pour certains la réalité c’est un vieil immeuble, un logement insalubre, un ghetto à misère comme on en laisse installer dans les zones dites sensibles. Leurs désirs ? Un travail et une maison, non pas un palace mais un petit chez soi à soi.

 

Le travail c’est leur indignité, le travail qui leur est refusé par manque de savoir, par manque d’activité, par manque de chance avec le prétexte économique pour excuse. Le pays est touché par le chômage ? Mais c’est qui le pays ?

 

Il faudrait aller voir ailleurs, mais cet ailleurs n’est guère plus rose. Et c’est Amnesty International qui nous apporte ces photos, terribles, dures, touchantes de ces pays que l’on dit émergeants pour mieux se rassurer.

Ce sont nos lieux de vacances et là ou Amnesty nous apporte des images de pauvreté et de misères, nous rapporterons des paysages, des photos magnifiques de vacances de rêve.

 

Le poète disait « la vie ne fait pas de cadeaux », mais devant ces images belles et cruelles, on se dit que oui, nous avons eu de la chance, même si notre vie à nous n’est pas toujours un enchantement, nous avons un endroit pour rêver, pour ranger nos meubles et notre vaisselle. Nous avons un endroit joli pour y voir grandir notre « belle famille ».

 

 

J’arrête quand je veux !!

 

J’arrête quand je veux !

 

La clope, la bonne vieille clope, celle du matin, la première, celle qui coupe la nuit, celle qui coupe la vie. C’est qu’elle est présente, elle est séduisante, attachante. La preuve, on ne la quitte qu’avec regret, et encore si on la quitte. Ah, cette fameuse cigarette, c’est toute une histoire, une gestuelle, un outil de séduction pour certains. Ah oui, la fumée qui enveloppe et qui remplit. Quelle douce sensation, lorsqu’elle pénètre dans les poumons. Jusqu’au bout, jusqu’au fond. Chaque alvéole, chaque parcelle qui se colore petit à petit. Ah ! Cette cigarette ! Quelle terrible maîtresse ! A peine allumée, la voilà consumée et avec elle, des minutes de notre existence. Mais qu’importe, et puis c’est pas dit : « Tu te souviens de l’oncle de la cousine de Brian ? Et bien, il a fumé toute sa vie et n’est pas mort de ça ! » et il est mort de quoi l’oncle de la cousine de Brian ? Non pas d’un cancer, ni d’un avc, « n’a pas eu le temps », non, il a eu un accident alors qu’il se penchait pour ramasser son briquet en conduisant sur l’A1.  Sûr, dommage collatéral, ça ne compte… pas dans les statistiques du moins.

Mais quoi, ce n’est pas si grave. Il y a tant d’autres choses de bien plus dramatiques sur cette terre. Hein, Marcel ?

Sûr ! C’est pas grave si la femme enceinte fume, son bébé en profite. On fait d’une pierre deux coups et puis, on ne risque qu’un prématuré, voire un grand prématuré à la santé précaire. Quelqu’un qui profitera à vie de la cigarette maternelle.

C’est pas grave, si la clope du seul fumeur de l’étage envahit tous les bureaux. C’est pas grave, ça fait faire des économies. Un seul être fume et tout est enfumé. Génial le partage !!

Oui, il y a plein de choses, plein d’arguments qui plaident pour la sacro sainte clope. Conviviale, sympathique, un super atout de séduction. Certes, il y a bien quelques inconvénients, cancers, emphysème, phlébite, risques cardio-vasculaires sans parler du teint gris, des dents qui se déchaussent, noircissent sur une gencive qui se rétracte, et la jolie toux qui vous accompagne du lever au coucher et qui fait dire à vos proches : »je t’ai entendu arriver du bas de l’escalier ». Ce n’est pas grave me direz-vous, sauf si on habite au 5ème.

Bref, la cigarette est une compagne très très fidèle, à défaut d’être une amie.

Devant tant d’avantages, on serait tenté de conclure « La cigarette ? Ne mourrez pas sans elle ! »

Les maladresses de mes mâles-adresses

Les maladresses de mes mâles-adresses

 

 

Inutile de se voiler la face, d’abord parce que c’est interdit par le code pénal, et surtout parce que sur ce coup-là, on merde à deux.

 

Je m’explique, tu rencontres quelqu’un qui te plaît, qui n’est pas libre (ben oui, ça c’est normal), tu enclenches les 4ème rugissantes et…il se sauve.

 

Analyse :

Option 1 : T’as merdé, option 2 : t’as pas assuré. Ou, ou bien option 1 il culpabilise (ben quoi, les mecs sont des champions de la culpabilité assumée, utilisée, reversée), option 2 : Madame sa future ex, son ex-ex, ou comme ils disent maintenant « la femme que j’aime » genre nouveau romantique, je la trompe pour mieux la retrouver. Tu comprends je l’aime mais j’ai besoin d’autre chose. Traduction pour les novices : « Maintenant, t’es gentille, tu me laisses, nous deux c’était un coup de rien… ».

Mais on reste bon copain, du reste quand je regarde mon carnet de mâles adresses, j’ai plus de gars pour venir réparer ma machine à laver, que de vraies histoires qui évoquent nostalgie et regrets.

 

On va pas verser des larmes amères sur l’hypothétique histoire qui aurait pu mais n’a pas eu lieu.

 

Un non lieu pour une histoire de non amour, mon Moi (désolée je ne crois pas en Dieu, tandis qu’en Moi..), donc je disais que de platitudes, que d’historiettes même pas vécues, que des histoires de rien.

 

Donc, de deux choses l’une, ou je change d’orientation sexuelle (à mon âge, est-ce bien raisonnable ?), ou je change de façon d’enrichir mon carnet d’adresses, mon carnet de mâles-adresses. Peut-être qu’un jour même, peut-être je dis, et bien parce que peut-être qu’un jour je n’aurais plus besoin de l’enrichir ce carnet de mâles détresses.

 

Les Limites

Les limites…

 

 

Oh putain ! J’suis à la bourre ! Oui c’est pas un scoop et c’est loin d’être nouveau, mais bon c’est pas ma faute à moi si les nuits sont si courtes et si la douche dure si longtemps. Trop de jambe sûrement et puis après y’a la crème, l’huile parfumée, le choix des fringues pour la journée. Bref, j’suis à la bourre ! Tu dis quoi toi ? Oui, bien et tu sais ce que je te réponds Moâ ? Tu vis ta vie et tu fous la paix à la mienne, sans blague.

 

Donc tout ça pour parler, pour te narrer, l’attitude lamentable du couillon de base qui a acheté la route et qui roule peinard à 100 km/heure sur la voie de gauche, voie limitée à 130. Evidemment il a une voiture plus puissante que la mienne. Euh, à moins de rouler à vélo, je pense que tout le monde a une voiture plus puissante que la mienne.

 

Donc je te dis la chose suivante, puisque toi tu es équipé normalement, comment est-ce que ça se fait donc, que tu prends un plaisir visiblement jouissif à me bloquer la route. TU me bloques le matin, le midi ou le soir selon, mais toujours quand je suis en retard ? Heu ? Hein ? Comment ça se fait dis ? Tu peux expliquer ? Du 4 x 4 à la BM en passant par toutes les gammes des grosses cylindrés de toutes les marques, toutes vous me faites le coup, toutes, à en pleurer de rage et de désespoir.

J’ai le tensiomètre qui monte en flèche lorsque je me retrouve coincée derrière l’abruti lambda qui part du principe : c’est-limité-t’es-qu’une-femme-deux-bonnes-raisons-pour-pas-me-dépasser-.

 

Il se passe quoi dans ta petite tête ? T’es flic ? T’as été chargé par ma banque de gérer mon compte PV ? Non, alors tu te rabats si toi tu as pu te lever.

Puisque c’est ta femme qui se charge de lever et de nourrir ta nichée et de la conduire à l’école avant d’aller bosser.

 

Je te félicite d’y parvenir  dans des conditions aussi pénibles. Moi je ne saurai jamais, je n’ai jamais su et j’ai pas envie de savoir. J’ai pas envie non plus d’une grosse bagnole, j’ai pas envie de faire chier qui que ce soit sur la route.

 

Tu te pousses ou je sens que je vais encore avoir des envies de meurtres, envie de t’arracher la jugulaire avec les dents, d’écraser ta tronche à la satisfaction bouffie du devoir accompli et de la loi respectée.

 

Lorsque j’arrive enfin en ville, et que là je roule à 40 km/h normal il y a des gosses et ces gosses vont nous payer la retraite, donc je fais terriblement gaffe.  Un autre problème se pose, une vraie question. Un jour j’aurai une vraie réponse.

Donc la question est : Pourquoi tous les donneurs d’organes se donnent-ils rendez-vous sous mes roues ? Hein dites moi : POURQUOI ????

 

La Cinquantaine

La Cinquantaine

 

 

Il paraît, nous dit-on, que la femme de cinquante ans alimente tous les fantasmes. La vie commence pour nous Mesdames, à cet âge là, et joyeuses, et juvéniles nous parcourons la vie et la planète d’un pas plus ferme, plus décidé, plus…jeune.

 

Jingle : c’est là que s’arrêtent les clichés pub. Fermeture de la page magazine, spéciale crème anti-rides, anti-relâchement, anti-âge, promo lifting.

 

Ben oui, ou tu t’appelles Moore, Stone, Madonna, Chazall, de la Fressange, ou tu t’appelles Christine, Bernadette, Sylvie, Madame tout le monde.

 

Dans le premier cas tu te tapes joyeusement sous l’œil admiratif des médias, de jolis garçons en âge d’être ton fils et l’on vante ta silhouette, ton corps de danseuse, ton sens de l’à-propos, ton éternelle jeunesse (photoshop à l’appui).

 

 Dans l’autre cas, si Môssieur le père de tes enfants t’honore encore deux fois par an entre deux cannettes-match de foot, c’est déjà que ton couple ne va pas mal et si tu es seule et que les hasards de la vie te font vivre une expérience de star, tu te vois reléguée au ban de la société traitée de vieille salope dans le meilleur des cas. Avec en prime les « elle veut pas vieillir, elle ne s’est pas vue décatir, que c’est triste » le vieux coup de la pitié qui les rassurent tous et toutes. Vieux et jeunes cons.

 

Rigolo quand même, tu ne peux pas ouvrir un journal, un magazine, regarder une émission de télé sans entendre parler de la solitude de cette société. Du manque d’entraide, de l’égoïsme qui règne en maître.

 

Tiens un truc qui m’a fait marrer, j’ai lu dans «  Femme » les résultats d’un sondage qui disait que les seniors étaient prêts à aider leurs enfants à condition que cela ne gâche pas leurs loisirs. Et la journaliste de commenter « égoïste ! » et moi de me demander « en quoi ? ».

Tu vas visiter une maison de retraite et tu te dis que toi, t’as drôlement intérêt à profiter de la vie tant que vie il y a. La terrible solitude de nos vieux à nous,  ne t’incite pas à être généreux une fois ta maigre retraite tombée.

 

Profite donc et oui, soit égoïste !

 

Voyages, fais ce que tu as toujours rêvé de faire. Paies toi aussi « un p’tit jeune » si cela te permets de retenir ta jeunesse en puisant dans la sienne !

 

La vie commence à cinquante ans ! Pose toi donc les bonnes questions :

 

Pourquoi nous fait-on venir si longtemps à l’avance ?

Ce vieux canapé, ce vieux meuble, ce vieux mari n’ont-ils pas fait leur temps et ne méritent-ils pas d’être changés ? Sinon, sérieusement révisés ?

C’est combien un billet d’avion pour le soleil ?

Quelles copines peuvent venir avec moi au spa ?

 

Tu vois la liste est longue, tu vois la vie est courte..

Mon âme au Diable

Mon âme au Diable !

 

 

Je l’aurais bien vendue moi, mon âme au Diable, vendue contre un peu de tranquillité, de bonheur, d’amour…

Mais bon, il faut bien admettre que dans un monde où n’importe qui est malfaisant, l’Autre n’achète plus. Inutile, c’est un domaine où la gratuité fait loi.

 

La bêtise aidant, le quidam ne se rend même plus compte qu’il « rase gratis ».

 

Que veux-tu dans ce monde où le mal est dominant, le mâle aussi mais ce n’est pas le sujet, donc tu te dis que la vertu c’était triste mais soyons réaliste, le mal est devenu triste aussi.

Tu as beau envoyer au diable Vauvert le petit père Satan, tu ne vaux rien, tu n’intéresses personne.

N’insiste pas même si tu te donnes, il n’est pas sûr qu’Il en veuille. Tu te rends compte au moins du nombre de tarés qu’il doit déjà gérer ?

Non, ton âme a atteint  le cours le plus bas du marché depuis des millénaires et pourtant des époques pas nettes c’est  pas vraiment ce qui a manqué !

Le prix du marché a tellement baissé qu’on dirait la côte d’un Président dans une république corrompue.

Donc voilà, te voilà bien. Nous voilà fins !

Que faire, l’âme n’a plus la côte et la côte n’a plus d’âme. La solution serait de vendre ton corps.

Ouais ben là non plus, c’est pas gagné.

D’abord, il y a une décote, mâle ou femelle, il vient un temps où tu ne grimpes plus l’échelle des valeurs charnelles, et fatalement, il arrive un jour où c’est toi qui paie…

Et que faire de ton âme corrompue, devenue fétide à force de compromissions, de petites médiocrités, d’actes plus ou moins gratuits, de propos fielleux, ladite âme enfermée dans un corps avachi, vieilli, dans un état d’abandon tel que même toi, tu essaies de le planquer sous des vêtements informes.

Que faire ?

Là cher lecteur, tu es au bord du suicide, tel un employé  de  FT qui a pris au pied de la lettre l’expression : « aller se faire pendre »

Allez on se rassure, l’âme, ton âme n’est peut-être pas tout à fait dans un état proche de l’Enfer.

De toutes façons, à la réflexion, si tu crois vraiment à l’Enfer et que tu veuilles bien réfléchir quelques minutes, donne moi donc la réponse à la question suivante :

« depuis combien de temps une âme a-t-elle des terminaisons nerveuses ? »

Ah tu vois…Y’a vraiment rien qui va mal !

 

 

La Foutogueulocratie !

La foutogueulocratie !

 

On a les indignations qu’on mérite…

 

Depuis plusieurs jours, j’entends, j’écoute, je regarde ébahie, ahurie, la révolte de mes contemporains.

Une révolte que j’aimerais voir plus souvent, un sursaut d’amour-propre dans ce monde de carpettes surendettées !

 

L’horreur fouteubalistique de la main au ballon  qui met le rouge au front de notre suporteurisime nationaleux !!!!

 

L’horreur indicible de la main qui enfreint les règles. Incroyable, du jamais vu, surtout sous Sarko 1er . Son gamin, dans son nouveau job de Conseiller à l’Epad se marre encore des réactions franco-françaises qui lui ont quand même fournies un joli bureau à la Défense (Tiens, c’est vrai ce truc là on n’en parle plus !)

 

Alors qu’on conspue (doucement, sans trop hausser le ton, faudrait pas avoir d’ennuis en plus), les abus en tous genres, je n’entends guère de journalistes ou autres rigolos médiatiques s’insurger contre ces petites vies anéanties, rayées, balayées d’un revers de main par ces grands groupes internationaux soucieux d’exploiter le sous-sol de leur terre qui de fait ne peut plus les nourrir.

 

On compte 1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6, un enfant est mort de faim, 1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 une femme est morte sous les coups de son compagnon, 1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 le vieux brimé et malmené vient d’y passer, 1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 les prisonniers torturés sont fusillés, 1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 on coupe la main d’un gosse qui a volé un pain, et je compte et je recompte. Et j’attends vos indignations, vos hurlements, vos cris de révolte.

La seule chose qui soit assourdissante en ce bas monde c’est le silence qui entoure ces crimes, tous coupables de non assistance à personnes en danger.

 

Depuis combien de temps t’es-tu habitué à l’innommable ?

 

Alors tes histoires de main au ballon, dis-toi bien que la honte n’est que sur toi qui hurles pour couvrir le cri d’agonie des innocents martyrs.