Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage.

Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage…

Oui ben là, il a bien fallu rentrer, tuer les prétendants, recupérer son poste de roi. Et reprendre le train-train quotidien. Au début, c’est sûr, c’est reposant ce calme mais à la longue ça fait un peu « maison de retraite ».

Et puis, il y a aussi autre chose. Ulysse a navigué sous le soleil, d’où son teint hâlé, il a dû affronter les éléments, combattre l’adversité, la colère des dieux. C’est donc un homme superbe, bronzé, musclé, au charisme rayonnant, qui est rentré de ce périple. Pénélope, elle, n’a pas vu le soleil pendant toutes ces années. Elle brodait le jour, débrodait la nuit. Un teint blafard, des larges cernes, des bras chauve-souris, la fesse flasque, le ventre rebondi, la femme vieillie, alors que lui…

Le contraste était évident et ahurissant ! et puis, Télémaque, cet enfant grandi sans père était désormais en pleine crise d’adolescence…

Ulysse hésitait entre le bonheur des retrouvailles avec sa vie d’antan et l’envie de s’enfuir en courant.

Les jours passaient tristes et ternes.

Alors, Ulysse eût une idée : Organiser un grand banquet où tous seraient invités, musiciens, poètes, bardes, druides, et les nobles et le peuple. Tous !

Au cours de la fête, un barde fraîchement débarqué et ignorant tout de l’endroit où il était, et de l’identité de ses hôtes, a entrepris de conter et de chanter les louanges d’Ulysse. Et il a raconté…. Tout raconté, tout…devant un Ulysse atterré et une Pénélope bougrement intéressée.

La fête terminée, Pénélope a attendu son Ulysse de mari dans leur chambre.  

  • « Quoi !! Pendant que je m’explosais les yeux, les mains et le moral, Monsieur se tapait tout l’Olympe !!!
  • Mais Bibiche, laisse-moi t’expliquer…
  • Expliquer quoi ? Que tu te fous du monde ? Sors d’ici, dépravé, garçon facile, homme de rien ! »

Ulysse pouvait braver tous les dangers, tous les dieux, mais les colères de Pénélope.. non, ça c’était au-dessus de ses forces !

Ulysse s’en est donc allé bercer sa peine et son découragement au bord de l’eau. Son fils, assis sur un rocher, regardait la mer.

-«  Télémaque, j’ai un souci avec ta mère. »

– « Père, apprendre devant tout le monde, qu’on a depuis longtemps des cornes qui touchent l’Olympe tellement elles sont hautes, y est sûrement pour quelque chose.  Tu sais, Père, les cornes fussent-elles divines, ne sont pas faciles à porter. »

– » Mais, tu comprends, les circonstances… »

–  » Oh là là, excuse-moi mais je ne m’en mêle pas. Après tout, je ne suis qu’un personnage secondaire dans cette histoire, moi !

Et tiens en parlant de personnages secondaires, si je te parle d’une certaine Circé, ça te dit quelque chose ?

  • Euh oui, sûrement, vaguement…enfin…peut-être. Pourquoi ?
  • Oui pourquoi ? Parce qu’elle t’attaque en recherche de paternité. Par « vaguement » tu parles d’une idylle sur la mer ?

Je plaisante… Ceci dit, être un enfant unique n’est guère épanouissant.

C’est donc avec bonheur que j’accueillerais tous les demi-dieux et autres bâtards que tu as engendré tout au long de ton périple.

Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage

A ce propos, l’oracle dit que dans plusieurs siècles, un autre dieu, dira « Croissez et multipliez » Père en vérité, je te le dis, tu es très très en avance sur ton époque. »

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