La tisseuse

C’est une passeuse de temps qui tisse la nuit et le jour, une passeuse de vie, une passeuse d’amour. Assise, les jambes pendantes dans le vide du ciel bleu sombre de la nuit, elle pêchait les étoiles. Appliquée, elle les attrapait une par une et les posait avec délicatesse dans un panier de brume.

Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage.

Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage... Oui ben là, il a bien fallu rentrer, tuer les prétendants, reprendre son poste de roi. Et reprendre le train-train quotidien. Au début, c’est sûr, c’est reposant ce calme mais à la longue ça fait un peu « maison de retraite ». Et puis, il y a aussi autre chose. Ulysse a navigué sous le soleil, d’où sont teint hâlé, il a dû affronter les éléments, combattre l’adversité, la colère des dieux. C’est donc un homme superbe, bronzé, musclé, au charisme rayonnant, qui est rentré de ce périple. Pénélope, elle, n’a pas vu le soleil pendant toutes ces années. Elle brodait le jour, débrodait la nuit. Un teint blafard, des larges cernes, des bras chauve-souris, la fesse flasque, le ventre rebondi, la femme vieillie, alors que lui…