Une vraie question

Une vraie question

 

 

Une vraie question, comment est-on passé de « Madame vos beaux yeux me font mourir d’amour » à « J’te kiff grave t’es trop bonne » ?

 

Bon d’accord, l’idée est gosso-modo la même, mais tout de même, il faut dire que d’un point de vue totalement féminin, euh…ben…c’est pas pareil !

 

D’un côté, l’œil assombri par l’incertitude amoureuse, la chevelure au vent, le geste élégant, l’élégance romantique d’un esprit épris, friand de grandes envolées lyriques et de poésies.

De l’autre une casquette de travers, l’œil bovinant SNCF, le jogging, la démarche chaloupée et le « ta mère » en toile de fond.

 

Bon en tant que femme d’un certain âge, le « t’es trop bonne » active en moi le « s’est fait lourder de la maternelle et n’a jamais pu réintégrer », donc je me pose la question, ce kéké là, il a sûrement son pendant féminin. Celle qui va chavirer « grave » en entendant « j’te kiff grave ». Celle qui a le regard incertain dès qu’un individu tente une phrase de plus de cinq mots et dans le bon ordre (sujet + verbe + compléments).

 

Alors on fait quoi s’il s’accouplent, se reproduisent ? On fait quoi ? On les met au zoo ?

Non l’heure est grave.

 

Je rigole mais quand même, pas glop le monde actuel.

 

Dans ma jeunesse les vieux paysans disaient « y cause bien l’gars d’la’ville » mais bon c’était avant, les gens d’avant, d’avant quoi ? d’avant tout, d’avant maintenant, d’avant que ma jeunesse ait fichu le camp..

 

Langage et bonnes manières, bon sang, si on m’avait dit qu’un jour j’en viendrais à les appeler de mes vœux.

 

Respect, amour, politesse, courtoisie, bienveillance, on y retourne ou on s’inscrit tous sur www.neuneu.com ?

 

 

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Langage

La phrase, le mot, la prose, la poésie, tout cela au rebus, au panier, jeté, ignoré, policé.  J’ai déjà expliqué que le nouvel SDF est un clochard pas même relooké. Que l’aveugle, même non voyant, se prend une gamelle s’il n’est pas guidé ou assisté Que la longue et douloureuse maladie ben..c’est quand même un cancer. Et qui dit « cancer » pense « cimetière ». De sourd en malentendant, d’infirme en « mobilité réduite », le langage s’aseptise et traduit des pudibonderies navrantes. Le siècle du non dit !

Le vocabulaire, les mots, ceux qui s’appauvrissent aussi vite que le peuple de France. Les mots, les idées, les sentiments pauvres et médiocres, ne traduisent hélas que la nouvelle mentalité.

Observe le vocabulaire amoureux, souviens toi : «  Madame, vos beaux yeux me font mourir d’amour », souviens toi combien un autre poète a célébré et magnifié les « belles inconnues » et c’est autre là qui aime « Barbara » un jour où il pleut sur Brest ! Oui souviens toi… 

Bon, maintenant assez rêvé. C’est ta balade caddie-de-samedi-obligatoire-parce-que-t’as-pas-d’autre-jour-, abruti par le bruit, les néons blafards, les rayons où s’entassent des marchandises inutiles, regarde ces corps sans âme satisfaire au culte de la consommation frénétique. Entouré  de l’agressivité de tes contemporains,  au bord de l’infarctus, regarde, écoute, vois, l’amoureux d’aujourd’hui.

 Regarde comme il se meut dans ce territoire connu, regarde comme il approche la femelle dans un but d’accouplement, regarde l’effet des phéromones sur le jeune mâle en rut. Regarde cette nouvelle race d’amoureux :

Le langage clair, précis, direct ; « et Mad’moizelle, j’te kiff grave, t’es trop bonne «  euh t’as un 06 ? »

La casquette de travers, le jogging blanc qui a connu des jours meilleurs il y a quelques années, l’œil amorphe, il empeste l’eau de Cologne bon marché dont il vient de s’asperger.

 « euh madeumoizelle, mon pote y veut t’causer »

Sûr, c’est efficace, là au moins la jeune femelle, ou moins jeune, sait immédiatement de quoi il s’agit. Si elle n’optempère de suite elle entend un « salope » retentissant.

Si d’aventure, elle a grandi, elle aussi, dans un vivier de grands lettrés adeptes de la métaphore amoureuse. Elle lui répond vivement d’un majeur dressé dans une main vindicative.

Un joli moment d’échange amoureux et ce n’est pas parce qu’il est quotidien qu’il ne faut pas l’apprécier à sa juste valeur.

Et oui ! Tous sur  http://www.kéké.com le nouvel art de vivre !

 

La coalition des médiocres

La coalition des médiocres

 

 

Je suis heureuse de vivre en 2009, HEU–REU-SE !!!

 

Et je pèse mes mots. En d’autres temps, je suis convaincue que j’aurais fini à Auschwitz.

 

Je m’explique, je suis virée de mon travail, du jour au lendemain, virée, dézinguée, jetée oh pardon, je sais on dit « sortie des effectifs » c’est joli non ? Je précise que ça fait huit ans que je travaille pour cette boîte, huit ans où ma réputation de « grande pro » n’a jamais failli. Je suis passée de « cadre totalement dévouée à l’entreprise » à « insuffisance professionnelle, vulgarité, familiarité excessive » et ce en un temps record « deux mois à peine ! »

 

Question : « c’est quoi la vulgarité ? »

 

La vulgarité, la vraie, celle de l’âme, je l’ai rencontrée le jour où ma nouvelle chef (deux mois de présence en tant que chef, mais six ans de haine à mon encontre), m’a annoncé triomphalement, une joie mauvaise dans le regard, qu’elle me virait. Cette « leturcquerie »* m’a fait mal. Bien sûr, je ne l’avais pas vue venir, bien sûr que rien ne la justifiait, bien sûr que c’était un règlement de comptes, bien sûr…

 

Mais quoi, elle a obtenu des attestations. Oui des Grands Chefs (si, si), des gens que je n’ai fait que croiser, des gens qui ne me connaissent pas ou peut-être de réputation (cf. Elmer le ténia social), des gens qui ont eu besoin de moi, de mon carnet d’adresses. Des gens à qui j’ai sorti « le cul des ronces » une paire de fois… ces gens là ont fait des attestations contre moi.

 

Déjà, le principe de « l’attestation contre.. » est plus que méprisable, alors en meute…

 

Je ma posais naïvement la question « mais pourquoi des hommes de ce niveau hiérarchiques s’abaissent-ils à ça ? et une de mes collègues de me répondre « C’est parce qu’ils s’abaissent à ça qu’ils ont ce niveau hiérarchique.

Et oui, à vivre l’échine courbée et la croupe offerte, ces messieurs ont fait carrière…

 

Mais au vu de cette cabale dont je fais l’objet, je suis désespérée par ce que cela va entraîner pour mon futur proche (c’est la crise et une crise grave), mais flattée de voir qu’il faille tant  d’ »huiles » pour me dézinguer. La coalition des médiocres.

 

Enfin, celui qui a écrit la lettre c’est pas celui qui l’a arrêté

Celui qui l’a arrêté, c’est pas celui qui l’a mené à la gare,

Celui qui l’a mené à la gare, c’est pas celui qui l’a fait monter dans le train

Celui qui l’a fait monter dans le train, c’est pas celui qui l’en a fait descendre

Celui qui l’en a fait descendre c’est pas celui qui l’a mené à la douche

Celui qui l’a mené à la douche c’est pas celui qui a ouvert le gaz.

 

I comme Icare, tous responsables, personne de coupable, tous coupables personne de responsable.

Et puis…a t-on idée d’être différent ?

 

J’t’le dis Auschwitz !