Areuh ou Gâteux ?

Areuh ou Gâteux ??

« Tu ne fais pas ton âge », et quel âge il a le vieillard que l’on tente de consoler par de pieux mensonges ? Quel âge ? ah 27 ans…

Non mais, vous vous entendez avec votre temps qui passe ?

Avant, il n’y a pas si longtemps, avant donc, le temps faisait des Sages, aujourd’hui il fait des vieux.

Hier, la ride et le cheveu gris suscitaient le respect et l’écoute. Aujourd’hui, à force de jeunisme, de peur de vieillir provoquée et entretenue par les laboratoires marketing du monde entier, le « vieux » entendez l’être humain de plus de 30 ans, le vieux n’a plus qu’à supporter les moqueries voire les insultes de plus jeunes que lui.

L’ennui c’est que plus on vieillit et plus on en rencontre des gens plus jeunes que soi.

Des jeunes sans culture, sans éducation mais plein de craintes pour un avenir qui déchante chaque jour davantage. Et, il ne se passe pas une journée sans qu’on vous claque votre âge à la figure, comme si c’était la tare des tares !

J’ai assisté à une scène des plus grotesques dans un magasin, où la vendeuse  demandait quel âge on lui donnait : 25 ans ? (ça c’est du pifomètre) ben non, elle en a 18, et l’autre personne de se confondre en excuses. Comme si 25 ans c’était l’âge de la sénilité, comme si le côté mâture de cette superbe jeune femme ne lui donnait pas ce charme indéfinissable de l’intelligence vraie et de la bonté non feinte. C’était comme si on l’avait obligée à avouer une jambe de bois.

Non, ça va bien, non ça ne va pas, non ça ne va plus !!

Bande de cinglés avec Chronos en ennemi number one. Z’êtes pas un peu fêlés ? C’est quoi l’avantage d’avoir vingt ans ? La jeunesse ? Si elle n’est pas dorée elle est galère.
Souvenez-vous Victor Hugo « J’avais vingt ans et je défie quiconque de dire que c’est le meilleur âge ».

La société ne fait pas confiance aux jeunes. La jeunesse se cherche, se trompe, se perd inéluctablement. La jeunesse cherche tout, cherche une issue, cherche une vie.

Les boulots sont rares et souvent très mal payés. Le chômage est cadré, nié, culpabilisé.
Le jeune au chômage est parasite. Bref, Être jeune : une énorme difficulté.

Si on constate dans la foulée qu’être vieux est encore pire (et qu’en plus ça dure plus longtemps), ça nous laisse peu de temps pour passer de l’âge « areuh » à l’âge « gâteux »

On s’habitue hélas !

On s’habitue hélas…

C’est pas qu’on soit mal, mais là on est franchement pas bien. Depuis les fringues usées bien avant que d’avoir eu le temps d’être nettoyées, jusqu’aux amours liquidées bien avant les soldes…

Bon, au boulot c’est forcément pas top. Les gens quand ils se sentent menacés ne font pas bloc, non, c’est chacun pour soi et moi contre tous.
Côté économies c’est l’horreur, les nôtres fondent sous la chaleur du coût de la vie, celles des pays s’effondrent.

Pas gaies les nouvelles ? Ben, non.

Et cerise sur le gâteau, c’est un automne froid et pluvieux qui s’installe, gris comme notre petit moral et notre perspective d’avenir. (si ça intéresse quelqu’un j’crois bien que j’couve la grippe).

On parle de développement durable, de dégazage sauvage, d’OGM et de famine dans le même reportage. « Chéri c’est où la couche d’ozone ? Parce que comme tout le monde en parle on devrait y aller. Un de ces jours on passera pour des ringards pour être les seuls à ne pas connaître. »

 Rigole, je suis sûre qu’à force de nous laisser décérébrer on tiendra ce genre de discours ou on l’entendra sans réagir.

On parle, on cause et on s’habitue.

Tu verras qu’un jour à force d’acceptations en tous genres tu trouveras normal d’être filmé chez toi et d’avoir une puce greffée derrière l’oreille.

Oui ? J’exagère ? C’est quand ta dernière révolte ? C’est quand la dernière grande grève ? Non je parle grève, révolte. Je ne te parle pas de cette réunion de scouts qui bat le pavé (s’il ne pleut pas), scandant des slogans aussi pauvres que stupides. Le tout ne faisant qu’un entrefilet dans la presse du lendemain (et encore si la pub le permet). Non, je te parle d’une vraie révolte, celle qui fait trembler les uns et espérer les autres.

C’était quand ? Pour quelle raison ? ah ! tu vois…on s’habitue.