Chaud derrière !

Chaud derrière !  

 

 C’était au matin d’un été pluvieux, gris, froid et plutôt sinistre, un été sans chaleur, sans soleil.
Bon là le décor est posé, ce qui va suivre est dramatique, à la limite du soutenable.

Le premier qui rigole je lui en mets une !

Donc c’était y’a pas longtemps vu qu’on a eu un été pourri.  Ce matin là, j’allais d’un pas alerte et guilleret travailler.

Ouais, j’étais hyper à la bourre, méga en retard comme d’hab. et alors ? C’est moi qui raconte, j’dis ce que je veux et je le dis comme je veux, non mais…

Bon je traînais la patte avec un manque d’enthousiasme flagrant. Bon ça va là ?

Alors que je traversais une des très belles places entièrement minérales de ma elle aussi très belle ville, une jeune femme non, une femme entre deux âges (j’aime bien l’expression), une femme donc me pose la main sur l’épaule.

A voix basse, le regard baissé lui aussi, elle me susurre : « Madame, vous n’avez pas de pantalon à l’arrière ».

Incrédule, je la regarde. De ce regard bovinant SNCF, qu’on a parfois quand on cherche à comprendre alors que l’ensemble de nos neurones est resté sur l’oreiller.

Puis, je regarde mon pantalon. Puis je me pose une question : « Comment c’est possible ça ? », puis je me pose une autre question : «  Comment je fais pour avoir un pantalon, devant, sur les côtés, autour de la taille et…pas derrière » ?

Réalisant brusquement le comique de situation, je pose vivement les deux mains sur mon arrière-train. Effectivement, mes deux mains accèdent sans difficulté aucune, à….ma petite culotte du jour. Imaginez, une tenue kaki et bleu jean et une petite culotte bandeau blanc, mais alors d’un blanc !!

Pour le coup, mes neurones se remettent en bloc à s’activer (pour me torturer on peut y compter !!), donc je pique un fard et balbutie vaguement quelques remerciements de circonstance à la dame qui a le regard goguenard compatissant (si, si, y’a des gens qui y arrivent).

J’adopte illico, le look « colonie de vacances », la veste nouée à la taille et retour maison…au pas de charge sil vous plaît !

Mais alors que je cheminais promptement jusqu’à cette terre d’asile qu’est pour tout un chacun la douceur du foyer, je ne peux empêcher de sombres pensées de m’assaillir. Depuis combien de temps ce lâche m’a-t-il abandonnée ? Ai-je traversé la ville offrant aux regards de mes contemporains mon séant, ou l’horreur venait-elle de se produire ?

Combien de mes voisins n’ignorent plus rien de cette partie de mon anatomie ? Bon d’accord, je ne suis pas un perdreau de l’année et cette partie a déjà été exposée sans que ça me traumatise plus que ça mais bon, en meute c’est quand même une grande  première !!

Ce jour là j’allais faire des relations publiques pour ma boîte : Combien de journalistes aurait apprécié cette communication du Siège ??

Je suis donc rentrée chez moi, pour me débarrasser de l’odieux lâcheur.

A y regarder de plus près, il semblait avoir été lacéré. Usé jusqu’à la corde, trop aimé, trop porté, je l’ai jeté !

Non, je n’y verrai pas une métaphore de la vie…quoique..

Tout ça ne serait qu’un petit incident de parcours (oui ben quoi vous y étiez vous ? donc mon anatomie a encore quelques secrets pour quelqu’un), mais arrivant pour le coup très très très en retard : il a bien fallu que j’explique…

Depuis…oh les gens n’ont pas le sens du drame !!

Un commentaire sur “Chaud derrière !

  1. L’important n’est pas de savoir le nombre des personnes qui ont vu ton derrière mais bien le nombre qui ont apprécié celui-ci ! J’ai lu qqs textes de ton blog, c’est bien écrit et marrant, vraiment impec.

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