Dégâts d’été (une autre fin)

Dégâts d’été.

 Deux jours qu’on est là, côte à côte. Deux jours qu’on s’observe, se jauge…

Deux jours ! Mais la vie est faite de petites décisions et de grands dilemmes.

Donc…j’y vais.

 Brusquement, je me saisis de lui, écarte violemment sa gueule et force le passage. Une fois dedans, je me dandine telle une vahiné sur une plage d’Hawaï, puis l’attrape vivement par le haut  et saute comme pour une course de sac. Mes bras se lèvent et se baissent convulsivement.

On y est !! Enfin !!

Je m’allonge, serre les abdos, rentre le ventre, rapproche le bouton de la boutonnière. Hourra !! Ce jean est fermé, je l’ai enfilé ! Victoire !

Malgré l’été, malgré l’hypertrophie soudaine de mes muscles frigo. J’ai réussi, je suis rentrée dans mes fringues.

 Du coup, je me redresse. Houlà ! Houlà, houlàlà ! ben c’est pas gagné. Je me déplie en pensant, « c’est fraîchement lavé ça va se détendre ». Et à cet instant précis, je me dis « oui mais quand ? »

 J’essaie de marcher. Là pas de problème s’il s’agit d’avancer moins, de marcher et si possible comme un être humain, un vrai.

 Parce qu’avec des fringues trop justes c’est pas gagné ! Le tout est de rester digne. Et quand je dis « le tout », il faudrait voir de quel tout il s’agit.

 Bon, on disait quoi ?

Les abdos compressés dans une gymnastique inattendue, compressent à leur tour les intestins qui soudain à l’étroit cherchent à expulser. Direction : les toilettes !

 Le pantalon telle une deuxième peau s’arrête à mi-cuisses. Il ne veut ou ne peut descendre. Alors j’insiste, tire, tire encore et encore. Les passants dans les mains, le doigt coincé dans le tissu, j’assiste désespérée à ma défaite.

Penaude, aux prix d’efforts quasi surhumains, je m’extrais du champ de bataille en maudissant les frites, les welchs, les tartiflettes et autres couscoussades.

 Sûr, l’été c’est l’éclate !

Dégâts d’été

Dégâts d’été.
 
Deux jours qu’on est là, côte à côte. Deux jours qu’on s’observe, se jauge…

Deux jours !

Mais la vie est faite de petites décisions et de grands dilemmes.  Donc…j’y vais.

 Brusquement, je me saisis de lui, écarte violemment sa gueule et force le passage. Une fois dedans, je me dandine telle une vahiné sur une plage d’Hawaï, puis l’attrape vivement par le haut  et saute comme pour une course de sac.
Mes bras se lèvent et se baissent convulsivement. On y est !! Enfin !! Je m’allonge, serre les abdos, rentre le ventre, rapproche le bouton de la boutonnière.

Hourra !! Ce jean est fermé, je l’ai enfilé !

Victoire ! Malgré l’été, malgré l’hypertrophie soudaine de mes muscles frigo. J’ai réussi, je suis rentrée dans mes fringues.

 Du coup, je me redresse. Houlà ! Houlà, houlàlà ! ben c’est pas gagné. Je me déplie en pensant, « c’est fraîchement lavé ça va se détendre ». Et à cet instant précis, je me dis « oui mais quand ? »

 J’essaie de marcher. Là pas de problème s’il s’agit d’avancer moins, de marcher et si possible comme un être humain, un vrai.

 Parce qu’avec des fringues trop justes c’est pas gagné ! Le tout est de rester digne. Et quand je dis « le tout », il faudrait voir de quel tout il s’agit.

 Bon, on disait quoi ?

Les abdos compressés dans une gymnastique inattendue, compressent à leur tour les intestins qui soudain à l’étroit cherchent à expulser

D’abord les gaz, bon ça c’est fait, mais on court vers les toilettes, on baisse, j’ai dit : « on baaaiissssse» le jean …trop tard !

 Et…Deux jours qu’on est là côte à côte…

J’ai glissé, Chef, j’ai glissé…

J’ai glissé, Chef, J’ai glissé…   

 

 Ça fait des lustres qu’il est là à s’acharner.

Des plombes qu’il joue les explorateurs entre le clito, les seins, le vagin, et que je te gratouille et que je te léchouille et que je te papouille.

Certes, les préliminaires c’est génial, surtout si c’est bien fait (à deux si possible), le faire avec douceur, volupté, un savoir-faire emprunt de sensualité, une sensualité emprunte de savoir-faire. Le tout amenant doucement mais sûrement au septième ciel ou au sixième si on n’est pas trop en forme.

Mais là !…     Bon le besogneux s’acharne, s’excite tout seul. Je dois faire appel à mon imagination, et à mon éducation pour ne pas l’envoyer salement  balader.

 Bon, il fait quoi là ?  C’est pas vrai. Pourquoi j’ai craqué ?

Ce mec c’est de la publicité mensongère,  un emballage richement décoré mais atrocement vide.  Je jette un œil sur la pendule telle une Joséphine sous son Napoléon.

Boudiou !!! mais c’est que ça dure son truc, il prépare les J.O. de la baise ou quoi ? Mais y fait quoi là, l’explorateur ?

Quand enfin arrive l’assaut final, me croirez-vous,  je m’entends dire, sur le ton gouailleur de la parisienne « vulgarus-ordinarus » (je sais pléonasme !) :   « Ben alors, c’est à c’t’heure-ci qu’tu rentres ? ».

Stop !!   DE-BAN-DA-DE !!!

Une pensée me traverse l’esprit à l’instant précis ou l’accès de sincérité est devenu un excès de sincérité, tel le Pétivier  de la 7ème Cie « J’ai glissé Chef, j’ai glissé ! » .

Le Môssieur arrête coupé net dans son élan, (un coup à se faire une entorse ça), il s’assied, se lève, se rhabille en silence et sort de mon lit, de ma chambre, de ma vie…

 Depuis mes nuits sont paisibles….

Chaud derrière !

Chaud derrière !  

 

 C’était au matin d’un été pluvieux, gris, froid et plutôt sinistre, un été sans chaleur, sans soleil.
Bon là le décor est posé, ce qui va suivre est dramatique, à la limite du soutenable.

Le premier qui rigole je lui en mets une !

Donc c’était y’a pas longtemps vu qu’on a eu un été pourri.  Ce matin là, j’allais d’un pas alerte et guilleret travailler.

Ouais, j’étais hyper à la bourre, méga en retard comme d’hab. et alors ? C’est moi qui raconte, j’dis ce que je veux et je le dis comme je veux, non mais…

Bon je traînais la patte avec un manque d’enthousiasme flagrant. Bon ça va là ?

Alors que je traversais une des très belles places entièrement minérales de ma elle aussi très belle ville, une jeune femme non, une femme entre deux âges (j’aime bien l’expression), une femme donc me pose la main sur l’épaule.

A voix basse, le regard baissé lui aussi, elle me susurre : « Madame, vous n’avez pas de pantalon à l’arrière ».

Incrédule, je la regarde. De ce regard bovinant SNCF, qu’on a parfois quand on cherche à comprendre alors que l’ensemble de nos neurones est resté sur l’oreiller.

Puis, je regarde mon pantalon. Puis je me pose une question : « Comment c’est possible ça ? », puis je me pose une autre question : «  Comment je fais pour avoir un pantalon, devant, sur les côtés, autour de la taille et…pas derrière » ?

Réalisant brusquement le comique de situation, je pose vivement les deux mains sur mon arrière-train. Effectivement, mes deux mains accèdent sans difficulté aucune, à….ma petite culotte du jour. Imaginez, une tenue kaki et bleu jean et une petite culotte bandeau blanc, mais alors d’un blanc !!

Pour le coup, mes neurones se remettent en bloc à s’activer (pour me torturer on peut y compter !!), donc je pique un fard et balbutie vaguement quelques remerciements de circonstance à la dame qui a le regard goguenard compatissant (si, si, y’a des gens qui y arrivent).

J’adopte illico, le look « colonie de vacances », la veste nouée à la taille et retour maison…au pas de charge sil vous plaît !

Mais alors que je cheminais promptement jusqu’à cette terre d’asile qu’est pour tout un chacun la douceur du foyer, je ne peux empêcher de sombres pensées de m’assaillir. Depuis combien de temps ce lâche m’a-t-il abandonnée ? Ai-je traversé la ville offrant aux regards de mes contemporains mon séant, ou l’horreur venait-elle de se produire ?

Combien de mes voisins n’ignorent plus rien de cette partie de mon anatomie ? Bon d’accord, je ne suis pas un perdreau de l’année et cette partie a déjà été exposée sans que ça me traumatise plus que ça mais bon, en meute c’est quand même une grande  première !!

Ce jour là j’allais faire des relations publiques pour ma boîte : Combien de journalistes aurait apprécié cette communication du Siège ??

Je suis donc rentrée chez moi, pour me débarrasser de l’odieux lâcheur.

A y regarder de plus près, il semblait avoir été lacéré. Usé jusqu’à la corde, trop aimé, trop porté, je l’ai jeté !

Non, je n’y verrai pas une métaphore de la vie…quoique..

Tout ça ne serait qu’un petit incident de parcours (oui ben quoi vous y étiez vous ? donc mon anatomie a encore quelques secrets pour quelqu’un), mais arrivant pour le coup très très très en retard : il a bien fallu que j’explique…

Depuis…oh les gens n’ont pas le sens du drame !!

Oh le Mâle…otru !

OH le Mâle…otru !

On a parlé du mal de vivre, du mal être, du mal social, du mal pensant, du mal économique, mais qui a pensé au « mâle otru » ? Qui ? Je vous le demande.

Personne pour fustiger ce malappris qui manque non seulement de savoir vivre, de savoir être, mais également de savoir penser. J’entends par là, à autre chose qu’à sa petite queue voire son gros nombril !

Personne pour lui apprendre qu’on peut dire bonjour, plaisanter ;  ah oui : plaisanter !

Il faut, Messieurs, qu’on vous explique enfin qu’une vanne sur les blondes c’est ringard, sexiste voire raciste et que même si quelque part ça vous rassure sur votre pauvre valeur, ça ne fait rire que vous ou les crétins congénitaux de votre espèce.

Donc une plaisanterie doit être drôle, légère…plaisante. Un  petit moment de détente, un petit morceau d’éternité.

C’est tout un art que ce jeu de l’esprit et peu  d’entre-vous manie aisément cette délicatesse intellectuelle.

 Pour vous y essayer et réussir, vous allez devoir travailler la partie cachée de votre anatomie, euh…non, celle que vous devriez trouver entre vos deux oreilles. Celle qui vous rend charmant, drôle, intéressant, dynamique…presque beau.


 Et oui, plus difficile que le lever d’altères et moi impressionnant mais ô combien plus efficace. Certes, ce sont les belles plumes qui font les beaux oiseaux et on ne risque pas d’aller en prison pour s’être baladé dans la rue dépourvu de la moindre culture alors que sans vêtement….


Mais bon, il faut le dire Messieurs et revenir à nos moutons. Combien de temps encore allez-vous nous infliger votre comportement ?

Vos réflexions qui pour être salaces et déplacées vous casent définitivement dans la catégorie « gros lourds ». Donne un exemple lamentable à vos enfants, nous font passer aux yeux des étrangers pour un peuple de primates.

Pire encore, plonge l’adolescent rêveur et poète dans les affres de la beaufitude consternée.

 Vos gosses, vos femmes ont honte sans que jamais le malotru  avéré que vous êtes ne se corrige, ni ne s’amende.« Je suis un goujat ! ça c’est votre égo, « tu es un gros con », ça c’est vos « alter-égaux » !

Alors avant qu’il ne soit trop tard, Messieurs, retrouvez donc les valeurs de vos ancêtres.

Un peu de politesse et de respect  au quotidien envers vos contemporains est un grand pas vers  une paix sociale retrouvée et une tolérance enfin acceptée.